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Point marchés — Conflit Iran — 23 mars 2026

  • Photo du rédacteur: Matthieu Herrlich
    Matthieu Herrlich
  • 23 mars
  • 3 min de lecture

L’enlisement du conflit autour de l’Iran constitue une menace réelle pour l’économie mondiale. Ses conséquences directes sur l’inflation, le niveau des taux d’intérêts et le stress financier global sont déjà perceptibles, et les dirigeants du monde en sont pleinement conscients. Alors qu’un ultimatum de 48 heures devait s’achever ce lundi 23 mars, Donald Trump a une nouvelle fois fait volte-face en annonçant des négociations positives et un délai de sept jours. Cette nouvelle illustre à elle seule l’impossibilité dans laquelle se trouvent les gérants de fonds de prendre des positions tranchées : dans un environnement aussi volatile, toute conviction peut être retournée en quelques heures par un tweet ou une déclaration.

 

Plusieurs facteurs laissent pourtant entrevoir une désescalade possible. La hausse trop forte du prix du pétrole représente d’abord une contrainte politique majeure pour l’administration Trump, à l’approche des élections de mi-mandat de novembre 2026 : un baril durablement au-dessus de 110 dollars relance l’inflation et pèse directement sur le pouvoir d’achat des ménages américains. L’Iran, de son côté, a pour priorité absolue la survie du régime, objectif qui pourrait l’amener à privilégier une sortie négociée plutôt qu’un affrontement total. Ces deux intérêts convergents créent une fenêtre de négociation que les marchés surveillent avec une attention soutenue.

 

Dans ce contexte troublé, plusieurs mouvements de marché contre-intuitifs méritent attention. Le dollar américain s’est nettement raffermi depuis le début du conflit, retrouvant son statut de valeur refuge au détriment de l’or et des métaux précieux. Ce mouvement s’explique par la puissance militaire américaine, qui rassure les investisseurs mondiaux, combinée à la position ferme de la Réserve fédérale, qui maintient ses taux à un niveau élevé face au risque inflationniste lié au pétrole. Ce raffermissement nous semble toutefois temporaire : dès que la visibilité sur le conflit s’améliorera, les flux devraient naturellement se redistribuer.

 

La forte correction de l’or semble paradoxale. Les métaux précieux ont vécu leur pire semaine depuis 2011, avec un recul de près de 9 % pour l’or et de 23 % pour l’argent, dans un contexte de guerre pourtant active. Ce mouvement s’explique mécaniquement : la Fed maintenant ses taux à un niveau élevé, les taux réels remontent et réduisent l’attrait des actifs sans rendement. Le dollar fort capte par ailleurs les flux refuges au détriment des métaux, tandis que des positions spéculatives massives accumulées en 2025 — l’or avait progressé de plus de 66 % sur l’année — se liquident mécaniquement. Cette correction nous semble temporaire : l’or devrait retrouver son statut de protection dès que l’incertitude sur la politique monétaire américaine se dissipera.

 

Les mouvements sur les taux sont, eux, plus préoccupants. Ils ravivent le spectre d’un coût de l’argent élevé, structurellement destructeur de valeur pour l’ensemble des actifs financiers — actions, obligations, immobilier. Ces tensions sont alimentées par des anticipations d’inflation que le choc pétrolier ne fait qu’amplifier. Dans ce cadre, les économies européennes et asiatiques souffrent davantage que les États-Unis, dont le statut de producteur d’énergie leur confère une résilience structurelle face à la hausse des matières premières énergétiques.

 

Dans ce contexte, la diversification joue pleinement son rôle, et les opportunités que saisissent les gérants sont réelles. Il nous semble cependant trop tôt pour se repositionner de manière significative : la lisibilité manque encore, et une annonce de négociations crédible pourrait provoquer un rebond brutal que tout repositionnement défensif prématuré ferait manquer. Les fonds exposés aux secteurs de l’énergie — fossile comme renouvelable — nous semblent pertinents dans cette phase, tant ils bénéficient directement du contexte actuel tout en s’inscrivant dans une dynamique de long terme.

 


Nous restons à votre écoute si vous souhaitez échanger sur votre situation personnelle et les implications pour votre portefeuille.

 

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

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